Retour aux textes

Moulin du Blochet - jour 4

01-02-2026 |GRUt·

Présentation

Du 07 au 12 septembre 2023. Une semaine à écrire dans une chambre d'hôtes.

Énoncé

Chaque phrase doit débuter par un mot ou une expression tirée au sort dans une liste établie d’après lecture d’un texte à haute voix. Dans cette liste : 3 mots/expressions sont tirées au sort. Au moins 3 phrases du texte doivent commencer par les mots/expressions sélectionnées.

  • Ecritouille
  • narratif
  • exercice
  • premier jet
  • mots obligatoires
  • complet
  • avec corrections
  • temps max

Exercice 1 du matin

Chaque phrase doit débuter par un mot ou une expression tirée au sort dans une liste établie d’après lecture d’un texte à haute voix. Dans cette liste : 3 mots/expressions sont tirées au sort. Au moins 3 phrases du texte doivent commencer par les mots/expressions sélectionnées.

Texte n°1

  • Texte source : « J. O. – Depardon – Article Tokyo 1964 »
  • Les mots/expressions (les sélectionné·e·s*) : c’est mon / à cette époque / pour / nous sommes / à quelque / rien / aussitôt* / à la fin / je suis très / il / c’est très / il y a* / il n’y a*

Kenny et Henry étaient partis en éclaireurs. Le chemin était très encombré, d’énormes rochers et des plantes gigantesques empêchaient une circulation aisée mais leur garantissaient la discrétion. Un mal pour un bien. Aussitôt postés en haut de la colline, à l’abri d’un genre de bananier géant, ils débutèrent la prise d’informations :

« J’en compte 3… Non 4 !
— Il y a en un bien massif là-bas. Henry pointa du doigt une silhouette près d’un très gros arbre.
— Ça fait 5 et demi on va dire vu la taille du spécimen.
— Je passe l’info.
Henry s’apprêtait à envoyer le message au QG quand les deux hommes entendirent du bruit dans leur dos.
— Merde ! C’était quoi ça ?
— chut…
— ça s’approche »

Kenny prit le premier coup. La tête en sang, la cervelle éclatée, il s’effondra comme une masse sur le sol. Henry choppa le sac-à-dos de son partenaire et tenta une retraite vers le campement. Dans la panique il se prit les pieds dans une racine et s’effondra. Étourdi, la vue troublée et effrayé, il leva les mains en l’air en guise de soumission : « s’il vous plaît… Me tuez pas… »

Il prit un coup violent sur le crâne avant même de terminer sa phrase. Tête explosée. Du sang partout. Sale.

Devant sa télé, Jean-Pierre était circonspect « Elle est cheloue l’édition Predator de Koh Lanta ». Puis il éteignit son poste et entama sa souplette de légumes. « Il n’y a vraiment plus rien d’intéressant à la tévé d’nos jours ».

Texte n°2

  • Texte source : « J. O. – Depardon – Article Tokyo 1964 »
  • Les mots/expressions (les sélectionné·e·s*) : les plus fous* / tout est fini / au début* / puis / manifestant / ce fut* / jamais / une autre

Au début on ne disait rien. Quand je dis « on », je parle de nous autres les mutants. Contrairement à ceux des comics, nous, on n’avait pas de pouvoirs incroyables. Souvent des capacités un peu utiles comme refroidir une eau bouillante ou de la télékinésie de tout petits objets. Tout au plus quelques grammes et sans grande vélocité. Certains d’entre nous ont des malformations liées aux mutations, voire des altérations physiques comme des cornes ou une peau rouge, bleue, verte. On ne faisait peur à pas grand monde. On nous plaignait même parfois.

Au début on ne disait rien donc. Parce qu’on nous respectait, au pire on nous ignorait, on se moquait de nous, on était des sujets de foire. Il y avait déjà des gens qui ne nous aimaient pas, mais c’était une minorité. Ce fut le cas jusqu’à l’arrivée de Romuald dit « le master mind ». Il y a 3 ans, il a fait parler de lui. Une caméra dans une rue de Saintes l’avait filmé en train de discuter avec un groupe de personnes en cuir et rangers. Ils étaient une bonne dizaine et l’un deux avait un grand couteau. La séquence fut très brève. Après quelques secondes, les autres ont sorti des flingues. Sur la vidéo on vit clairement le groupe s’entre-tuer. Une rage folle s’était emparée d’eux. Les plus fous tirèrent à bout portant, plusieurs balles dans la tête de leurs camarades. Les images étaient insoutenables. Une boucherie. Romuald, lui, n’avait pas bougé d’un pouce. Après le massacre, on l’a vu reprendre sa route comme si de rien n’était.

Il fut convoqué par la police le lendemain ou le surlendemain. La vidéo fuita assez vite évidemment. Elle fit la une des médias pendant des semaines. Les débats sans fins s’enchaînèrent. Des manifs aussi. On ne nous y a jamais conviés.

Aujourd’hui on parle un peu plus. C’est important je crois. Mais derrière des cloisons de plexiglas haute sécurité, on a du mal à se faire entendre.

Texte n°3

  • Texte source : Magazine « Chut ! N°15 – Brisons les codes – Article p. 84-85 »
  • Les mots/expressions (les sélectionné·e·s*) : ambiance* / elle scolarise / depuis / pour / aucun prérequis* / ils viennent tous / pour mener à bien / en plus / les labs / dès le départ / dans les faits / aujourd’hui*

Salut frangin, papa, maman.

Aujourd’hui il a fait moche. Comme tous les jours depuis quelques jours. Il a plu des hallebardes comme on dit je ne sais plus où. Soyons clairs. Il a plu vraiment des hallebardes en fait. Ambiance voyez. Encore un trou-de-balle de magicien qui s’est mêlé d’affaires qui ne le regardent pas.

Vous allez dire que je me répète, mais, vraiment ça commence à me fatiguer. Aucun prérequis n’est demandé pour faire de la magie aujourd’hui. Les autorités s’en moquent, les sujets s’en foutent, les gamins adorent ça. Franchement, va falloir prendre une décision, des mesures quoi, un de ces quatre : un permis peut-être ? Un passeport ? Et un petit badge après sur leur chapeau pointu immonde là. Ils ont toujours eu besoin de faire genre ceux-là. D’aucuns vont encore dire que j’ai des idées de Dark Lord. Dès qu’on est pas d’accord, on est un Dark Lord avec ces héros-là. On peut plus rien dire de toute manière.

Mais vraiment rendez-vous compte, hier soir par exemple, je lance mon armée de mort-vivants sur Beau-Village – c’est un petit hameau mignon sur la route du château magique de la princesse Lumina du royaume lumineux – hé bien mes gars ont eu à peine le temps de faire 3 grimaces – c’est pas bien méchant des grimaces – qu’ils se sont fait cramer la couane à coups de bénédiction par l’autre paladin de mes deux là. Ils se rendent pas compte du temps que ça prend de réveiller des cadavres ? Faut qu’ils soient encore un peu vaillants, pas trop abîmés, faut les armer, etc. Ça coûte un pognon de dingue !

On peut plus s’amuser ou travailler dans ce pays magique. Non mais vraiment, a-t-on besoin de leur apprendre à pratiquer la magie à tous ces pimpins là ? Sérieusement ? Et pourquoi toujours la lumière hein ? Sont fatigants avec leur lumière. Et là je ne vous parle pas des guerriers, des elfes et autres empêcheurs de terroriser en rond. Quelle belle bande de démagos ceux-là aussi à vouloir sauver la veuve et l’orphelin partout où ils passent. Qui les envoie sur les routes d’ailleurs ? Je vais enquêter un jour. En plus, la plupart je les connais, on est allé à l’école ensemble. Et je peux vous dire qu’à l’époque c’est pas tellement la vie des péquenots qui les intéressait. C’était plutôt le cheval offert par papounet pour les uns, la belle robe de mago cousue main pour les autres, la guitare à 1000 pièces d’or pour draguer les princesses. Et parfois tout ça en même temps.

Bon j’y vais là. Vous allez encore dire que je rage pour rien, que c’est la conjoncture, que c’est une mode, etc. En réalité, je vous le dis, nécromancien c’est plus un métier d’avenir. On peut plus rien putréfier maintenant, faut que tout sente la fraise. Du coup, je commence une reconversion. Je me lance dans le druidisme. Il paraît qu’ils sont fermés à personne dans ce milieu. On verra bien. Je vous tiens au jus. Le bisou.

PS : passez le bonjour à la frangine si vous avez des nouvelles. Je la vois plus depuis qu’elle s’est installée chez Charcutor le Sanguinaire.

Philippe, votre premier.

Retour aux textes